Apprentissage de la propreté : quand l’enfant est-il prêt ?
L’apprentissage de la propreté ou plutôt l’acquisition de la contenance est une étape importante dans le développement du jeune enfant.
On parle souvent d’apprentissage de la propreté.
Mais le mot continence est plus juste.
Pourquoi ?
Parce qu’un enfant qui porte une couche n’est pas “sale”.
Il n’a simplement pas encore appris à reconnaître les signaux de son corps et à contrôler ses besoins.
La continence est donc une nouvelle compétence.
L’enfant l’acquiert progressivement, comme il apprend à marcher, à parler ou à manger seul.
Cette étape concerne :
- le corps ;
- les émotions ;
- l’autonomie ;
- la confiance en soi ;
- la relation avec les adultes.
L’enfant ne devient pas continent parce qu’un adulte le décide.
Il devient continent quand il est prêt dans son corps, dans sa tête et dans son environnement.
Les documents ajoutés insistent aussi sur cette idée : l’enfant doit être accompagné vers plus d’autonomie, sans être forcé, car cette acquisition dépend d’abord de sa maturité physiologique.
1. L’enfant doit être prêt dans son corps pour l'apprentissage de la propreté
Avant de proposer le pot ou les toilettes, l’enfant doit avoir une certaine maturité physique.
Cela veut dire que son corps doit être assez développé.
L’enfant doit pouvoir contrôler ses sphincters.
Les sphincters sont des muscles.
Ils permettent de retenir ou de laisser sortir :
- les urines ;
- les selles.
L’enfant doit donc apprendre à sentir ce qui se passe dans son corps.
Puis il doit pouvoir attendre un peu avant d’aller aux toilettes.
Cette maturité arrive souvent entre 18 mois et 3 ans.
Mais chaque enfant avance à son rythme.
Certains enfants sont prêts plus tôt.
D’autres enfants ont besoin de plus de temps.
Les signes à observer
Un enfant commence peut-être à être prêt quand :
- il remarque que sa couche est mouillée ;
- il semble gêné quand sa couche est pleine ;
- il prévient l’adulte quand il a fait dans sa couche ;
- il se cache ou se met à l’écart pour faire une selle ;
- il prend une position particulière, par exemple il s’accroupit ;
- il sait monter et descendre quelques marches ;
- il marche avec plus d’assurance.
Le fait de monter et descendre des escaliers est souvent utilisé comme un repère.
Cela montre que l’enfant maîtrise mieux certains muscles et coordonne mieux ses mouvements. Le texte fourni rappelle que cette capacité motrice peut être un signe utile pour repérer une maturité corporelle suffisante.
Il ne faut pas commencer trop tôt.
Si le corps de l’enfant n’est pas prêt, l’apprentissage risque d’être difficile.
L’enfant peut se sentir en échec.
Il peut aussi perdre confiance.
2. L’enfant doit montrer de l’intérêt
L’acquisition de la continence ne doit pas être imposée uniquement par l’adulte.
L’enfant doit avoir envie d’essayer.
Il peut montrer de la curiosité pour :
- le pot ;
- les toilettes ;
- les culottes ou les slips ;
- ce que font les adultes ;
- ce que font les autres enfants.
Il peut aussi vouloir faire “comme les grands”.
Ces signes sont importants.
Ils montrent que l’enfant commence à entrer dans cette nouvelle étape.
Exemples de comportements si l'enfant est prêt pour l'apprentissage de la propreté
Un enfant peut être prêt psychologiquement s’il :
- demande à aller sur le pot ;
- veut s’asseoir sur les toilettes ;
- imite un frère, une sœur ou un autre enfant ;
- dit qu’il ne veut plus sa couche ;
- prévient avant ou après avoir fait ;
- s’intéresse aux livres sur le pot ou les toilettes.
L’adulte peut encourager cette curiosité.
Il peut proposer :
- un livre ;
- une chanson ;
- une histoire ;
- un jeu d’imitation avec une poupée ou une peluche ;
- une explication simple.
L’objectif est de donner envie à l’enfant.
L’objectif n’est pas de le forcer.
3. L’enfant doit être accompagné dans un climat calme
L’enfant a besoin de sécurité pour apprendre.
L’adulte doit rester calme, patient et bienveillant.
Il ne faut pas gronder l’enfant s’il y a un accident.
Les accidents font partie de l’apprentissage.
Un enfant qui n’arrive pas à se retenir ne le fait pas exprès.
Il est en train d’apprendre.
L’adulte doit proposer un cadre rassurant
L’enfant a besoin :
- de repères simples ;
- de paroles rassurantes ;
- d’encouragements ;
- de routines ;
- d’un adulte disponible ;
- d’un environnement sans pression.
On peut proposer le pot ou les toilettes à certains moments de la journée :
- au réveil ;
- après le repas ;
- avant la sieste ;
- avant le bain ;
- avant de sortir ;
- avant le coucher.
Mais proposer ne veut pas dire obliger.
L’adulte peut dire :
“Tu peux essayer si tu veux.”
“Ton pot est là.”
“Tu apprends petit à petit.”
“Ce n’est pas grave s’il y a un accident.”
Il faut éviter les phrases qui font honte.
Par exemple :
“Tu es sale.”
“Tu es un bébé.”
“Tu l’as fait exprès.”
“Tu devrais déjà être propre.”
Ces phrases peuvent blesser l’enfant.
Elles peuvent aussi bloquer l’apprentissage.
Pot, toilettes ou réducteur : l’enfant peut choisir
Tous les enfants ne passent pas par le pot.
Certains enfants préfèrent le pot.
D’autres préfèrent les toilettes avec un réducteur.
D’autres ont besoin d’un petit marchepied pour se sentir stables.
L’important est que l’enfant se sente en sécurité.
Il faut lui montrer comment s’installer.
Il faut aussi lui laisser le temps.
Le texte fourni précise qu’il est utile de donner le choix à l’enfant entre pot, toilettes adaptées ou réducteur, selon ce qui le rassure le plus.
Où placer le pot ?
Il est préférable de laisser le pot dans les toilettes ou dans la salle de bain.
Pourquoi ?
Parce que l’enfant apprend aussi :
l’intimité ;
la pudeur ;
le respect du corps ;
les habitudes liées aux toilettes.
On évite donc de déplacer le pot partout dans la maison.
Le pot n’est pas un jouet.
C’est un objet lié aux besoins du corps.
Préparer un environnement pratique
Pour aider l’enfant, l’adulte doit aussi penser aux vêtements.
L’enfant doit pouvoir enlever ses vêtements facilement.
Il vaut mieux éviter :
- les bodies ;
- les salopettes difficiles à ouvrir ;
- les collants compliqués à baisser ;
- les vêtements trop serrés.
On peut choisir :
- un pantalon facile à baisser ;
- une jupe simple ;
- une couche-culotte ;
- des vêtements souples.
Cela aide l’enfant à être plus autonome.
Si l’enfant doit demander de l’aide à chaque fois, cela peut le gêner.
Il peut aussi ne pas avoir le temps d’arriver au pot.
Les informations complémentaires insistent sur ce point : pendant cette période, les vêtements doivent être simples à retirer pour faciliter l’accès au pot ou aux toilettes.
Utiliser les livres, les jeux et l’imitation
L’enfant apprend beaucoup par imitation.
Il observe les adultes.
Il observe les autres enfants.
Il observe aussi les rituels du quotidien.
On peut utiliser des supports simples pour l’aider à comprendre.
Par exemple :
- lire une histoire sur le pot ;
- regarder un livre sur le corps ;
- faire semblant avec une poupée ;
- accompagner une peluche aux toilettes ;
- chanter une chanson ;
- utiliser un tableau de progrès avec des images ou des gommettes.
Ces supports rendent l’apprentissage plus concret.
Ils peuvent aussi dédramatiser le sujet.
L’enfant comprend que les toilettes font partie de la vie quotidienne.
Accompagner avec des mots simples
L’adulte peut aider l’enfant à comprendre ce qui se passe dans son corps.
Il peut dire :
“Tu sens que ton ventre travaille.”
“Tu as peut-être envie de faire pipi.”
“Tu peux aller sur le pot.”
“Tu as réussi à écouter ton corps.”
“Tu dois te sentir mieux maintenant.”
Ces paroles aident l’enfant à faire le lien entre :
- ses sensations ;
- ses besoins ;
- le pot ou les toilettes ;
- le bien-être après avoir fait.
Il ne faut pas se moquer.
Il ne faut pas dramatiser.
Il faut accompagner avec calme.
Le texte fourni explique aussi que la verbalisation aide l’enfant à participer activement à ce changement. L’adulte peut mettre des mots simples sur ce qui vient de se passer, pour aider l’enfant à comprendre son corps.
Accepter les accidents
Les accidents sont normaux.
Un enfant peut réussir un jour et avoir un accident le lendemain.
Cela ne veut pas dire qu’il régresse toujours.
Cela veut souvent dire qu’il apprend encore.
Il peut être trop occupé à jouer.
Il peut ne pas avoir reconnu le signal à temps.
Il peut être fatigué.
Il peut être stressé.
L’adulte doit rester calme.
Il peut dire :
“Ce n’est pas grave.”
“On va te changer.”
“La prochaine fois, tu pourras essayer de prévenir plus tôt.”
Il faut prévoir du change, surtout lors des sorties.
Cela évite de mettre l’enfant en difficulté.
L’enfant doit comprendre qu’un accident n’est pas une faute.
Éviter les périodes de grand changement
Il vaut mieux éviter de commencer l’acquisition de la continence pendant une période difficile.
Par exemple :
- un déménagement ;
- une séparation ;
- la naissance d’un bébé ;
- une entrée en crèche ;
- une entrée à l’école ;
- un changement de mode de garde ;
- une maladie ;
- une période de fatigue importante.
Dans ces moments, l’enfant peut avoir besoin de sécurité.
Il peut être moins disponible pour apprendre une nouvelle compétence.
Il vaut mieux attendre une période plus calme.
Travailler en équipe avec les parents, les autres professionnels et les autres enfants !
L’acquisition de la continence concerne plusieurs personnes.
Il y a :
- l’enfant ;
- les parents ;
- l’assistante maternelle ;
- les professionnels de crèche ;
- l’école maternelle parfois.
Les adultes doivent échanger entre eux.
Ils doivent essayer d’avoir les mêmes repères.
Par exemple :
- utiliser les mêmes mots ;
- proposer le pot aux mêmes moments ;
- respecter le rythme de l’enfant ;
- ne pas mettre de pression ;
- prévenir s’il y a eu des réussites ou des accidents.
La continuité entre la maison et le lieu d’accueil aide l’enfant.
Il se sent plus en sécurité.
Le document fourni présente l’acquisition de la continence comme un travail d’équipe entre l’enfant, les parents et les professionnels de la petite enfance.
Le rôle du groupe
En collectivité, les autres enfants peuvent aussi aider.
Un enfant peut avoir envie de faire comme les autres.
Il voit d’autres enfants aller aux toilettes.
Il comprend que cela fait partie de la journée.
Cet effet de groupe peut être positif.
Mais attention : il ne faut pas comparer les enfants.
Chaque enfant a son rythme.
On ne dit pas :
“Regarde, lui il y arrive et pas toi.”
On peut plutôt dire :
“Tu apprends toi aussi.”
“Chacun avance à son rythme.”
“Tu essaieras quand tu seras prêt.”
Pourquoi parler de continence plutôt que de propreté ?
Le mot propreté est très utilisé.
Mais il peut poser problème.
Dire qu’un enfant devient “propre” peut laisser penser qu’avant il était “sale”.
Or ce n’est pas vrai.
Un bébé ou un jeune enfant avec une couche n’est pas sale.
Il est simplement en cours de développement.
Le mot continence est plus précis.
Il signifie que l’enfant apprend à :
- reconnaître ses sensations ;
- contrôler ses sphincters ;
- attendre un peu ;
- demander le pot ou les toilettes ;
- aller aux toilettes ;
- devenir plus autonome.
La continence est donc une acquisition corporelle et psychologique.
Elle demande du temps.
Elle demande de la confiance.
Elle demande un accompagnement respectueux.
Le rôle de l’adulte à mettre en avant au CAP AEPE
Dans le programme du CAP AEPE, l’acquisition de la continence est liée aux soins du quotidien, à l’hygiène, à l’autonomie et à l’accompagnement du jeune enfant. Le professionnel de la petite enfance ne doit pas forcer l’enfant.
Il observe.
Il accompagne.
Il encourage.
Il respecte le rythme de l’enfant.
Son rôle est de :
- repérer les signes de maturité ;
- proposer le pot ou les toilettes ;
- aider l’enfant à s’installer ;
- expliquer avec des mots simples ;
- respecter l’intimité ;
- éviter les moqueries ;
- prévenir les parents ;
- travailler en équipe ;
- valoriser les progrès.
Le professionnel doit aussi protéger l’estime de soi de l’enfant.
L’enfant doit se sentir capable.
Il doit se sentir respecté.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l’article d’Elsevier sur l’acquisition de la propreté chez le jeune enfant, qui rappelle notamment l’importance de la maturation physique, du contrôle des sphincters et du respect du rythme de l’enfant.
