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L’expérience Erasmus+ de Katherine à Dublin

L’expérience Erasmus+ de Katherine à Dublin

Katherine est aujourd’hui ATSEM. Alors qu’elle préparait sa deuxième année de CAP Accompagnant éducatif petite enfance, elle a réalisé une mobilité Erasmus+ dans une crèche à Dublin. Elle n’était encore jamais partie à l’étranger et avait d’abord refusé de participer au projet. La possibilité de partir avec d’autres apprenties dans la même structure l’a finalement décidée.

Elle raconte sa préparation, ses premiers jours dans la crèche, les difficultés rencontrées en anglais et ce que cette expérience a changé dans sa vie professionnelle.

Peux-tu te présenter et nous expliquer quelle formation tu suivais au moment de ta mobilité Erasmus+ ?

Je m’appelle Katherine et je suis aujourd’hui ATSEM. Lorsque j’ai effectué ma mobilité Erasmus+ à Dublin, j’étais en deuxième année de CAP Accompagnant éducatif petite enfance chez Glotte-Trotters.

Pourquoi as-tu souhaité effectuer une mobilité professionnelle en Irlande ?

Je n’étais encore jamais partie à l’étranger. Au début de l’année, quand on nous a présenté le projet, j’ai dit non.

Ce qui m’a fait changer d’avis, c’est que nous avons eu la possibilité de partir à plusieurs et d’être accueillies dans la même crèche. Je savais que je ne serais pas seule pour découvrir le pays, le logement et le travail en anglais. Cela m’a rassurée.

Quelles étaient tes principales inquiétudes avant le départ ?

J’avais surtout peur de ne pas comprendre ce que l’on me demanderait de faire dans la crèche. Je me demandais aussi si son fonctionnement serait très différent de ce que j’avais découvert en France.

Nous avons suivi des cours d’anglais et participé à des réunions consacrées au fonctionnement des crèches irlandaises. Nous avons également étudié le projet pédagogique de la crèche d’Anna et regardé des photographies des locaux. Cela permettait déjà de mieux imaginer l’endroit dans lequel nous allions travailler.

Nous n’avons pas eu à trouver seules notre logement. Nous avions vu des photos avant de partir et nous savions que nous partagerions un appartement. Finalement, le départ ressemblait un peu à un voyage scolaire, même si nous partions pour travailler.

Comment le CFA vous a-t-il préparées à cette mobilité ?

Nous avons suivi des cours d’anglais et participé à des réunions en visioconférence avec la crèche. Nous avions aussi des plans du quartier, le trajet en bus à effectuer chaque matin, les horaires et toutes les informations pratiques dont nous pouvions avoir besoin. Tout était clair avant notre arrivée.

Au début du séjour, ce sont probablement ces informations pratiques qui m’ont été les plus utiles. Savoir où aller, quel bus prendre et à quelle heure partir évitait d’ajouter du stress à celui du premier jour. Mais il est difficile de choisir un seul élément, car les cours, les informations sur la crèche et la préparation du séjour nous ont tous été utiles à un moment différent.

Avez-vous participé à l’organisation du voyage et à la préparation des activités ?

Oui. Nous avons recherché des appartements sur Internet à partir de petites annonces qu’Anna nous avait envoyées. Nous avons aussi travaillé sur le budget, préparé la liste des affaires à emporter et réfléchi aux activités que nous pourrions proposer aux enfants de deux à trois ans.

Nous voulions notamment organiser une initiation au français. Nous avons choisi une mascotte, son nom et les albums que nous emporterions. Nous ne nous sommes donc pas contentées de recevoir un programme déjà prêt. Nous avons vraiment participé à la préparation de notre mobilité.

Que retiens-tu de ton premier jour dans la crèche ?

Je me souviens surtout du stress en arrivant. Heureusement, toute l’équipe était très sympathique et la pression est retombée assez vite.

Le cuisinier avait préparé un gâteau énorme. Il avait écrit le prénom de chacune d’entre nous, avec « Welcome » au milieu. L’équipe avait également pris une photo de chaque apprentie pour l’afficher à l’entrée, afin que les familles et les professionnels sachent qui nous étions. Cet accueil nous a immédiatement montré que notre arrivée avait été préparée.

Comment as-tu été accompagnée par l’équipe ?

J’avais une référente, Suzy, qui répondait à mes questions et me montrait le fonctionnement de la crèche. Chaque matin, elle m’expliquait les activités prévues et ce qu’il fallait préparer.

Au début, je ne réalisais pas les soins. Je participais surtout aux jeux avec les enfants. J’ai ensuite observé Suzy pendant les changes et les autres moments de la journée. Après quelques jours, c’est moi qui faisais et elle qui regardait. Je n’ai donc pas été placée immédiatement dans une situation que je ne pouvais pas gérer. J’ai pu observer, essayer, puis devenir progressivement plus autonome.

Quelles activités et quelles tâches as-tu effectuées ?

Il y avait beaucoup d’activités Montessori et d’activités sensorielles. Les jeux étaient régulièrement remplacés pour éviter que les enfants choisissent toujours les mêmes.

J’ai notamment créé un parcours avec des boîtes contenant différentes textures. Les enfants devaient aller chercher des objets, puis les placer dans la bonne boîte. Je participais aussi aux changes, aux repas, à la surveillance de la sieste et, bien sûr, à beaucoup de jeux avec les enfants.

À quel moment t’es-tu vraiment sentie intégrée ?

Le dernier jour, Suzy m’a offert un cahier décoré par les enfants. À l’intérieur, elle avait placé une photographie de chacun d’eux. J’ai toujours ce cahier dans la commode de ma chambre.

Ce cadeau m’a beaucoup touchée. Il m’a montré que je n’avais pas seulement été une stagiaire de passage et que de vrais liens s’étaient créés avec les enfants et l’équipe.

Quelle a été ta principale difficulté ?

Le plus difficile a probablement été le contact avec certains parents. Les membres de l’équipe savaient que nous étions françaises et faisaient attention à parler lentement. Les parents, eux, parlaient naturellement, parfois très vite, et je ne comprenais pas toujours ce qu’ils me disaient.

Il m’est aussi arrivé de ne pas comprendre un enfant. Dans ce cas, Suzy ou un autre membre de l’équipe prenait le temps de m’expliquer ce que l’enfant essayait de dire et m’aidait à lui répondre si c’était nécessaire.

Je n’ai pas rencontré de difficulté importante avec les consignes professionnelles. L’équipe utilisait des phrases courtes, reformulait si je n’avais pas compris et accompagnait souvent les explications par des gestes. Le fait de voir la tâche en même temps que j’écoutais la consigne facilitait beaucoup la compréhension.

Quelle situation te semblait impossible à gérer avant ton départ ?

Parler aux enfants était vraiment ma hantise. J’avais peur de ne rien comprendre et de ne pas réussir à leur répondre.

Finalement, je me suis habituée à leur manière de parler. La plupart du temps, j’arrivais à comprendre ce qu’ils voulaient, même sans comprendre chacun de leurs mots. J’ai appris à m’appuyer sur le contexte, les gestes et leurs réactions.

Quand as-tu senti que ton anglais avait progressé ?

Je ne m’en suis pas vraiment rendu compte au quotidien. Je parlais, mais j’utilisais surtout des phrases courtes.

À la fin de la mobilité, nous avons dû présenter un bilan à Anna et lui expliquer ce que nous avions retenu de notre expérience. Cette fois, il fallait prendre la parole plus longtemps. C’est probablement à ce moment-là que j’ai réalisé que j’étais capable de m’exprimer davantage que je ne l’aurais imaginé avant le départ.

Comment le CFA a-t-il assuré votre suivi pendant le séjour ?

Au début, nous avions une visioconférence avec un prof à la fin de chaque journée. Ensuite, quand nous avons commencé à prendre nos repères, les échanges ont eu lieu un jour sur deux.

Je n’ai pas eu besoin de solliciter davantage l’équipe, mais je savais que nous pouvions facilement la contacter si nous rencontrions un problème.

Le Padlet avait surtout servi avant la mobilité pour regrouper les documents et préparer le séjour. Sur place, nous prenions des photos et nous remplissions chaque jour un journal de bord dans lequel nous racontions ce que nous avions fait. Heureusement, ce journal était en français et non en anglais !

À notre retour, nous avons réalisé un diaporama et présenté notre expérience aux autres apprenties de la classe.

Quelles différences as-tu observées entre les structures françaises et irlandaises ?

Il y en avait beaucoup. Nous devions notamment toutes porter un tee-shirt ou un sweat-shirt avec le logo de la crèche et un pantalon noir. Le jean était accepté, mais uniquement s’il était noir.

La structure ressemblait un peu à une école associée à une crèche, car elle accueillait aussi des enfants ayant l’âge d’être scolarisés en maternelle. Les groupes ne se trouvaient pas tous dans le même bâtiment, mais certains espaces étaient communs.

J’ai particulièrement apprécié l’aménagement des salles. Tout était pensé pour permettre aux enfants d’être aussi autonomes que possible.

Une intervenante passait également dans les différentes sections avec sa guitare pour proposer un temps musical. Chaque vendredi, la crèche organisait aussi une journée consacrée aux grands-parents, avec des activités artistiques auxquelles les papis et les mamies pouvaient participer. Cette pratique m’a beaucoup intéressée.

Qu’avez-vous apporté de France ?

Avec les autres apprenties, nous avons créé un « French corner ». Nous avions acheté en France des albums destinés aux tout-petits et apporté une mascotte.

À partir de ces supports, nous avons proposé aux enfants de deux à trois ans des animations autour de la lecture et de la découverte du français.

As-tu découvert de nouvelles pratiques ?

Oui. Toutes les informations concernant les enfants étaient enregistrées sur une tablette et transmises directement aux parents.

La crèche pratiquait également le tri sélectif et proposait des activités réalisées avec des matériaux de récupération. J’ai donc découvert à la fois de nouveaux usages numériques et d’autres manières d’intégrer l’environnement aux activités proposées aux enfants.

Qu’est-ce qui avait changé à ton retour ?

Mon entourage et mes formateurs ont surtout remarqué que j’avais davantage confiance en moi.

Cette mobilité a aussi confirmé mon projet professionnel. Je voulais déjà devenir ATSEM, mais l’expérience m’a permis de comprendre que je préférais travailler avec des enfants de plus de trois ans, car il est possible de leur proposer des activités plus variées.

Cette mobilité a-t-elle eu des effets concrets sur ton travail actuel ?

Oui. Dans mon école, j’ai raconté mon expérience aux enseignantes et nous avons mis en place un projet intergénérationnel. Je propose également, de temps en temps, des comptines en anglais pendant les temps d’activités périscolaires.

Ce que j’ai observé à Dublin ne s’est donc pas arrêté à mon retour. Certaines idées ont trouvé leur place dans mon travail d’ATSEM.

Aujourd’hui, que te reste-t-il le plus de cette expérience ?

De très belles rencontres et une grande envie de voyager.

Je recommanderais cette expérience à d’autres apprenties parce qu’elle m’a beaucoup apporté et que le temps est passé très vite. Si je pouvais la refaire, je choisirais une mobilité plus longue. J’aurais vraiment aimé rester davantage.